25/10/2003

Génération Zapping

"Mes gosses s'ennuient et c'est ma faute: je les emmène dans des endroits de vieux. Ce sont pourtant eux qui ont insisté! Je pensais que la vue les distrairait mais ils sont comme leur père: ils se lassent de tout trop vite. Génération du zapping frénétique et de la schizophrénie existentielle. Comment feront-ils quand ils découvriront qu'on ne peut pas tout avoir, ni tout être? Je les plains, parce que personnellement, je ne me suis jamais remis d'une telle découverte."...
 
"Ma vie est un désastre mais personne ne le voit car je suis très poli: je souris tout le temps. Je souris car je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai: elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle; elle est occultée. Je suis un négationniste de moi-même."...
 
"Comme les enfants n'ont pas une vie passionnante, ils en font une vie passionnée. Tout est prétexte à drames, hystérie, cris, joie, éclats de rire, trépignements de rage. Il n'y a pas de différence entre la vie d'un enfant en bas âge et une pièce de Shakespeare. D'ailleurs, ma fille c'est Sarah Bernhardt. Elle passe du désespoir intégral à la félicité ultime en un clin d'oeil. Un talent rare."...
 

                                                                               Extraits du roman 'Windows on the World',
                                                                                    F. Beigbeder


16:17 Écrit par S. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.